#3 El Chaltén


Pour cette nouvelle étape, les terres australes ont été impitoyables… Les prévisions annonçant plus de 25 nœuds de vent entre 9h et minuit, nous sommes partis d’El Calafate en fin de journée pour profiter des acalmies nocturnes. Avant de partir, un bref passage dans une boulangerie allemande pour manger un strudel aux légumes (oui oui nous sommes en Argentine) nous donnera la force de vaincre le vent, la nuit et le froid.

Le départ de l’étape était trompeur : 32 km dans le sens du vent, avalés en à peine 1h10 ! De quoi remonter notre moyenne, qui s’est écroulée par la suite entre le dénivelé et le martellement des bourrasques sur nos montures.Vers 23h nous sortons du sillage du Lago Argentino, le vent s’estompe et la nuit se dévoile dans un calme déroutant. Enfin un peu de répit.

Nos gourdes se vident, Magali repère une habitation d’où jaillit de la lumière dans ce désert obscur : il est 00h20, Mercedes et Oscar nous offrent de l’eau et des petits pains, un peu ahuris de voir deux cyclistes passer au milieu de la nuit !Nous reprenons la route et le vent se fait de nouveau sentir : nous approchons du Lago Viedma. Il est 2h40 lorsque nous plantons la tente à côté d’un hostal, dans ce vent nous luttons pour ne pas finir en parapente avec nos sardines dans la main.

Le réveil est rude, toujours sous un souffle puissant : nous avons parcouru 109 km la veille, il en reste 104 entièrement face au vent. Un abri repéré à une cinquantaine de kilomètres sera l’objectif du jour, où chaque coup de pédale se fait avec douleur pour lutter contre cette force invisible (merci les ptits pignons). Défi supplémentaire, les vis de la béquille du vélo de Timothée ont plié sous le poids des sacoches, une belle journée dans la pampa australe !

Le refuge nous offrira enfin un peu de repos à l’abri, avec une rivière à 500 m : c’est all inclusive. Le lendemain nous repartons avec plus d’envie que jamais d’atteindre El Chaltén, le Fitz Roy apparait au loin, c’est bon signe ! Le vent a décidé de nous faire une dernière blague (humour argentin sûrement), après avoir grondé encore plus fort les 10 derniers kilomètres, c’est à l’entrée de la ville qu’une bourrasque nous a tous les deux couché : Vent 1 – Mag & Tim 0.

Après une soirée de tempête, nous avons enfin pu profiter d’El Chaltén sous le ciel bleu, afin de découvrir les plus beaux sentiers de la « capitale mondiale du trek ». Sans rancune la météo !

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